Un peu de vélo pour aller grimper au Verdon. C’est ce que nous avons fait pendant deux semaines. Et cela indépendamment de nos niveaux, entre 5c et 8a, ce voyage est accessible à tou.tes.
C’est l’histoire de deux groupes de grimpeur.euses qui partent grimper dans les Gorges du Verdon. Même si nous nous connaissions, nous n’avions pas prévu nos vacances ensemble. Toutefois, nous nous retrouvons par hasard à la Palud-sur-Verdon, avec une particularité, nous sommes tou.tes venu.es à vélo :-)! D’un côté; Janina et Lulu (Loulou en français) venues pour grimper El Topo. De l’autre; Aurélien, Camille, David, Jéjé, Jérem, Léo et Louis venu.es pour parcourir plein de voies dans les gorges.



Du train, du vélo et de la grimpe !
Le voyage commence par une journée de train pour se rendre à Manosque, puis quelques heures de vélo jusqu’à Moustiers-Sainte-Marie, où nous passons la nuit. Le lendemain, nous retrouvons nos vélos pour finir vers 11h à la Palud-sur-Verdon. Il ne reste plus qu’à profiter de l’après-midi pour commencer à grimper!
Il en sera de même les jours qui suivent. Tout d’abord une trentaine de minutes à vélo pour rejoindre le haut des gorges depuis le camping. Puis, les habituels rappels du Verdon pour descendre au pied des falaises que l’on remonte en quatre à quatorze longueurs (voir encadré ci-dessous sur la grimpe au Verdon). Enfin, nous reprenons les vélos pour revenir au village et profiter d’un apéro.
Janina et Lulu se sont lancées dans El Topo, une voie de quatorze longueurs avec quelques 7b, un 7c et un 8a. Elles ont travaillé la voie quatre jours, puis réalisé l’enchaînement (grimper sans tomber) en deux jours, avec une nuit dans la paroi sur un portaledge. Bravo!!! Pendant ce temps, le reste de l’équipe a grimpé quelques dizaines de voies (quand on s’y met à six, ça va vite ;-)). Les coups de cœur ont été « Kalkistée », « l’Âge de raison », « la Fête des nerfs » ou encore « Les 2 doigts dans le nez ». Petite histoire rigolote; David, Jérém et Léo qui partent grimper la « Pâte Demande » le 27 octobre (après le changement d’heure). 12h au pied de la voie. 15h au milieu de la paroi, juste à côté de Janina et Lulu en train de réaliser leur enchaînement. 17h, presque en haut de la falaise, mais la nuit est déjà là et nous devons finir à tâtons. Heureusement des amis nous aident et nous éclairent depuis le haut.




Un peu de scepticisme contre beaucoup de plaisir
Alors que pour certains membres du groupe, cette manière de voyager était déjà parfaitement normale, d’autres avaient encore des doutes au début. Est-ce que le voyage à vélo avec toutes les affaires y compris le portaledge sera réalisable ? Ne prenions-nous pas beaucoup plus de plaisir à grimper qu’à faire du vélo et ne regretterions-nous pas, à la fin des vacances, les jours perdus en selle ?
Nous avons donc été surpris de voir à quel point ce mode de transport nous enthousiasmait. À quel point il était plus agréable de parcourir ces paysages à vélo, même chargé, que de s’entasser dans une voiture pour arriver au plus vite à destination. C’était bien sûr de temps en temps galère et difficile, surtout dans ces quelques montées raides, ou quand les journées se retrouvaient bien plus longues que prévues par Google. Mais qu’importe, la destination finissait toujours par arriver !
Le paysage changeait lentement, passant de champs nichés dans les collines et de cabanes en pierre en ruine entourées de forêts humides, à des plaines de lavande qui s’étendaient à l’infini, puis à l’entrée étroite et rocheuse des gorges, avec ses longs lacets qui nous présentent au fur et à mesure les premières parois. À cette vitesse, tout est plus grand et plus impressionnant que ce que nous avions déjà perçu sur le même trajet en voiture, et le plaisir augmentait à chaque coup de pédale !
Une fois sur place, ces vélos nous ont offert une totale autonomie, et de jolis moments. Tout était agréablement et en peu de temps accessible à vélo. Et quel plaisir lorsque nous dévalions silencieusement les quelques virages du canyon jusqu’à la tente, seul.es, dans la nuit et à la lumière de nos frontales. Quelle parfaite fin de journée !
Puis viens le retour, où, suite à notre acclimatation au vélo, nous nous sommes mis.es à regarder ces voitures bruyantes et malodorantes avec un nouveau scepticisme. En nous demandant comment nous avons pu croire que la voiture était le moyen de transport le plus adapté pour des vacances d’escalade.
David Lulu et Léo


Techniquement
La gare la plus proche de la Palud-sur-Verdon est Manosque-Gréoux-les-Bains (80km). Pour s’y rendre avec les vélos dans le train, le plus simple est de passer par Grenoble. En effet, cela permet de voyager uniquement avec des TER dans lesquels les vélos sont gratuits et ne nécessitent pas de réservation.
Voyage aller: J1; en train, Genève (09:45)- Grenoble – Clelles (en bus, vélos acceptés) – Veyney – Manosque (15:53) et à vélo jusqu’à Moustiers-Saintes-Marie et nuit à l’hôtel. J2; vélo jusqu’à la Palud-sur-Verdon. Ou train de Genève (11:59), mêmes correspondances jusqu’à Manosque (20:29), nuit sur place et vélo jusqu’au Verdon le lendemain.
Voyage retour: J1; vélo jusqu’à Manosque, train pour Veyne et nuit à l’hôtel. J2; en train, Veyne (05:26, 07:30, 12:14) – Grenoble – Genève (10:02, 14:02, 17:02). Ou J1; vélo jusqu’à Manosque et hôtel. J2; en train, Manosque (09:09) – Veyne – Grenoble – Genève (17:02).
Attention, les horaires peuvent changer, à vérifier sur les applications CFF et SNCF connect (également pratique pour acheter les billets).
Vélo: idéalement un vélo de voyage. Deux sacoches arrière suffisent si vous dormez dans une location ou un hôtel. Quatre sont un avantage si vous portez en plus votre tente, réchaud, casserole, matelas, etc., mais il est également possible de faire avec deux sacoches et un gros sac sur le porte-bagage arrière.
Logement: camping, location de maison, hôtel. Tout est possible.
La grimpe au Verdon
Les gorges du Verdon sont très connues dans le milieu de l’escalade. Elles proposent des parois de 100 à 300m de haut que l’on remonte en grimpant quatre à quatorze longueurs. C’est-à-dire que l’on fractionne l’escalade en plusieurs sections de 30 à 50 m d’escalade de façon à escalader toute la paroi. Ces sections sont appelées “longueurs”. Les parois du Verdon présentent également la particularité que l’on y accède par le haut. En effet, la route venant du village de la Palud mène en haut des gorges. Ainsi la journée commence par une descente en rappel jusqu’au pied de la paroi que l’on remonte ensuite.